mercredi 4 mars 2009

Merguez

Nom: Merguez
Âge: 26 ans
Poste: Défenseur central
Centres d'intérêt: Les Burger King, les dance floor, les Long Island, la saucisse sèche, les films de Van Diesel.
Profil de star: Marquez, défenseur intraitable, régaleur de chique devant l’éternel, joueur à la classe inégalable et à la queue de cheval légendaire.

Natif d’un obscur hameau du centre de la France et amoureux de football champagne, le petit Merguez est très vite conscient que sa technique balle au pied « peu orthodoxe » sera un handicap pour lui, qui, sous le préau de l’école élémentaire Jeanne d’Arc, rêve de numéro 10, de reprise de volée des 25 mètres et de Panenka, un paquet de BN dans la main droite, une bouteille de Banga dans la main gauche.

Le jeune joueur qu’on surnomme alors affectueusement « Renao » - celui qui allume le feu -, rapport à sa propension à faire péter les BBQ à la moindre occasion, fait sa révolution en 1989 : il monte à Paris, capitale de la L1 Pamplemousse, où il découvre rigueur des entrainements et diététique au sein du club de Levallois. Son camarade de chambre de l’époque, un certain Didier D. se souvient d’un joueur pugnace et pétri de qualités : « un vrai branque, il me volait tous mes goûters ».

Durant sa formation levalloisienne, Merguez apprend de son compère de chambrée le « couper / décalquer » et fait preuve d’adaptabilité, renonçant à ses rêves de gloire pour s’installer au poste où ses qualités peuvent le mieux s’exprimer : défonceur central.

En 2003, sa dernière année de contrat est rachetée par les Washington Bulldogs. Le rêve américain commence. Au sein d’un championnat où le défi physique est permanent, le jeune frenchie fait des merveilles. Il emmène son club jusqu’au titre et forme avec le vieux Mitch une charnière intraitable. Les cleans sheets se succèdent. Les blessures infligées aux attaquants adverses aussi. La légende veut qu’une de ses prestations parmi les plus abouties ait inspiré à W Bush sa célèbre théorie de l’axe du mal…

Merguez est au top de son hip hop. Les écoles du beau jeu que sont West Ham, Rostock et la Lazio se renseignent sur son compte.

Malheureusement, par un petit matin blafard de novembre 2005, cette salope de vie décide faire un croche pattes à Merguez. Alors qu’il rejoint ses coéquipiers à l’entrainement après avoir ambiancer toute la nuit les dance floor de la capitale US, il trouve un post-it sur son casier : viré. Un double Wooper dans la main droite, un Long Island dans la main gauche, Merguez voit son American dream voler en éclat.

Il rentre à Paris tel une vieille gloire usée, visage empâté mais poilu, dégoulinant de style ricain. Merguez attire alors la convoitise du Bétis de Cambrai, friand de joueurs déclassés ou de seconde zone, prêts à rebondir. Merguez se fait offrir un pont d'or, pour ce qui prenait alors la forme d'un dernier round...

Mais la technique obscure et le flagrant déficit de vélocité sont vite éclipsés par un sens hors pair des duels associé à un jeu de tête surpuissant. Ses qualités d’aboyeur et son mental à toute épreuve en font un élément incontournable du légendaire club blanco-verde. Ses montées balles au pied font désormais frémir de plaisir les supporter du Betis dans le cœur desquels il sût entrer avec panache, inscrivant son premier but d’un coup de Merguez rageur au premier chi-poteau. Que demander de plus, finalement, à un défenseur central dont la rugosité n'est plus à présenter? De Marquez à Merguez, il n'y a finalement qu'un (petit?) pas.

1 commentaire:

  1. Défonceur central, joli triple axel boucle piqué de la vanne pour panoutche, toujours aussi plaisant des jeux de mots utilisés avec autant de justesse!

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