mercredi 4 mars 2009

Panoutche

Nom: Panoutche
Âge: Entre 27 et 45 ans
Poste: Arrière latéral droit
Centres d'intérêt: Le whisky Old Paddy, les marques italiennes, la gomina, l'auto-bronzant et les albums Panini.
Profil de star: Cristian Panucci, son mentor et père spirituel, réputé pour sa grande intelligence tactique, son expérience et sa fourberie (un renard des couloirs, somme toute).

Fervent supporter de l'OM, Panoutche a été bercé dès son plus jeune âge par des rêves de sud. Malgré sa citoyenneté Clodoaldienne, le petit Panoutche rêve de catogans à la Di Meco, de mulets Völleriens, de Goethals, de Champion's 1993. Par extension, il s'identifie rapidement à l'Italie, sa Dolce Vita, son football verrouillé et dopé du début des nineties, ses chicholinas et ses pulls Armani.

C'est un fait divers de 1996 qui vint bouleverser à jamais l'histoire du jeune footballeur plein d'espoirs puérils. Christian Panucci, alors en sélection olympique à Atlanta, se blesse (hémorroïdes), et doit rentrer précipitamment en Europe, au grand "damn" de little Panoutche. Mais un empêchement de dernière minute (un incident à l'arrière d'une limousine selon source sûre) amena le joueur de la squadra à rater le vol 800 TWA qu'il devait prendre et qui se cracha après son décollage au large de NYC. Une carrière de niveau internationale et surtout, trop de professionnalisme, peuvent tuer le footballeur. Ni une ni deux, l'information s'imprime dans la rétine des grands yeux verts et miroitants du jeune Panoutche, à jamais triste.

C'était sans compter sa vivacité d'esprit et sa détermination. S'il renonce à une carrière de foot pro, alors Chicholinas et Dolce Vita ce sera. Panoutche vole vers Rome, son AS et sa Lazio fasciste, son icône miraculée: "El Grinta" Panucci. Vespa sifflant à travers les rues de Rome, lunettes D&G bien vissées sur une tignasse huilée, Panoutche tel un phénix flamboyant, renaît de ses cendres et se nourrit du cocktail de stupéfiants, d'alcools, de pizzas, de clubbing et de pornos propres à son mentor. Une vie qui lui ouvrira les portes de la désillusion, tant le catenaccio n'est plus le seul fait du football italien. Rapidement, Panoutche se sent pris au piège, mis en cage, exclu. Même à Rome, on commence à le montrer du doigt.

Il rentre à Paris tel une vieille gloire usée, visage chromé mais poilu, dégoulinant de style latin. Panoutche attire alors la convoitise du Bétis de Cambrai, friand de joueurs déclassés ou de seconde zone, prêts à rebondir. Panoutche se fait offrir un pont d'or, pour ce qui prenait alors la forme d'un dernier round...

Mais le déchet technique criant est vite éclipsé par un bagout de teigneux associé à une classe indéniable. Ses qualités de relanceur percutant, torse haut, et son assiduité à l'effort en font un élément incontournable du légendaire club blanco-verde. Son seul pied droit et sa faible empreinte physique n'ont jamais pu altérer sa science du jeu ou son exceptionnelle débauche d'énergie, parfois confuse souvent efficace. Que demander de plus, finalement, à un arrière latéral dont l'ancienneté n'est plus à présenter? De Panucci à Panoutche, il n'y a finalement qu'un (petit?) pas.

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